Vous reformulez une fiche produit, et « assurance habitation » devient « couverture du logement ». Vous réécrivez un chapitre, et « apprentissage par renforcement » se transforme en « apprentissage renforcé », qui n’est pas la même notion. Un outil de reformulation cherche à varier les mots, et il ne sait pas lesquels sont intouchables. Pour garder vos mots-clés et vos termes techniques, il faut les repérer avant de reformuler, puis les verrouiller ou les contrôler.
Ce guide indique quoi protéger, comment procéder à la main, comment fonctionne la protection d’expressions de humai et quels pièges sont propres au français : majuscules, pluriels, apostrophes et accords. Les exemples sont fictifs.
Quels mots faut-il protéger ?
Protéger trop de mots revient à ne plus reformuler. Posez une seule question à chaque candidat : si un synonyme le remplaçait, est-ce que quelque chose casserait ?
| Type de mot | Exemple | Ce qu’un synonyme casserait |
|---|---|---|
| Mot-clé visé | assurance habitation | La correspondance avec ce que cherchent vos lecteurs |
| Terme technique | apprentissage par renforcement | La précision : un autre mot peut désigner une autre notion |
| Terme défini dans le texte | le Prestataire | La cohérence d’un contrat ou d’un mémoire |
| Nom propre ou de marque | Banque de France, Python | L’identité de ce dont on parle |
| Intitulé officiel | Code de la consommation | La référence : le lecteur doit pouvoir le retrouver |
À l’inverse, inutile de protéger « important » ou « entreprise » : ces mots changent sans dommage, et les laisser libres donne à la reformulation sa marge. Pour le référencement, un ou deux mots-clés principaux par texte suffisent. Répéter une expression plus souvent que le lecteur ne le supporterait n’améliore pas le texte.
La méthode à la main
Avec un assistant généraliste, ou pour une reformulation sans outil, procédez en quatre étapes :
- Dressez la liste des termes à conserver avant de commencer, dans la forme exacte où ils apparaissent.
- Donnez une consigne fermée : « Reformule ce texte. Les expressions suivantes doivent rester strictement identiques : … ». Une consigne de ce type aide, mais le modèle peut l’oublier, surtout dans un long texte.
- Comptez. Utilisez la recherche de votre traitement de texte (Ctrl+F) sur l’original puis sur le résultat. Le nombre d’occurrences de chaque terme doit correspondre, sauf si vous avez choisi d’en retirer une.
- Relisez autour. Un terme conservé dans une phrase dont le sens a bougé ne sert à rien. Notre guide Reformuler un texte : méthode et outil détaille la comparaison avec l’original.
Les expressions protégées dans humai
La fonction « Expressions protégées » remplace la consigne par un verrou. Elle est ouverte à tous, avec un compte ou sans, et marche dans le paraphraseur, l’humaniseur et le correcteur.
- Limites : 5 expressions avec l’offre gratuite, 30 avec Pro, de 2 à 80 caractères chacune.
- Fonctionnement : avant l’envoi au modèle, chaque occurrence est remplacée par un marqueur. Le modèle réécrit autour, puis l’expression d’origine est remise à la place du marqueur. Il ne peut donc pas la reformuler, puisqu’il ne la voit pas.
- Contrôle : si un marqueur disparaît ou se trouve dédoublé dans la réponse, humai restaure ce qui est présent et affiche un avertissement avec les expressions à vérifier.
- Enregistrement : votre liste est gardée dans votre navigateur et envoyée avec le texte, sans être enregistrée sur nos serveurs.
Avec 5 expressions, il faut choisir. Pour une fiche produit, prenez le nom du produit, la marque et le mot-clé principal. Pour un chapitre de mémoire, gardez les deux ou trois concepts que vous avez définis et le nom d’une méthode. Pour un contrat, retenez les termes définis qui reviennent le plus. Une expression absente du texte ne gêne pas : elle est simplement ignorée et ne déclenche aucun avertissement. Vous pouvez donc garder la même liste d’un texte à l’autre sur un même projet.
La forme exacte : le piège français
La protection porte sur la forme exacte saisie. Les autres formes ne sont pas protégées. En français, où les mots s’accordent et s’élident, ce détail compte plus qu’on ne le croit. Avec l’expression « assurance habitation » dans la liste :
| Dans votre texte | Protégé ? | Pourquoi |
|---|---|---|
| une assurance habitation | Oui | Forme identique |
| l’assurance habitation | Oui | L’expression est intacte après l’apostrophe |
| Assurance habitation : les garanties | Non | La majuscule change la forme |
| les assurances habitation | Non | Le pluriel change la forme |
| l’assurance de l’habitation | Non | Ce n’est plus la même suite de mots |
La parade : ajoutez une entrée par forme présente dans le texte, par exemple « assurance habitation » et « Assurance habitation ». Les variantes comptent dans votre limite, gardez donc celles qui apparaissent réellement.
Attention aussi aux apostrophes. L’apostrophe droite du clavier et l’apostrophe courbe des traitements de texte sont deux caractères distincts, donc deux formes différentes pour la protection. Si « contrat d’assurance » n’est pas reconnu, copiez l’expression directement depuis votre texte plutôt que de la retaper.
Une expression protégée se repère comme un tout : « IA » ne sera pas repéré dans les lettres de « MÉDIAS », et « Python » ne touchera pas « Pythonesque ».
Un exemple avant/après
Prenons un paragraphe d’une page d’information, avec deux expressions protégées : « assurance habitation » et « responsabilité civile ».
Avant : Une assurance habitation inclut en général une garantie responsabilité civile. Cette garantie prend en charge les dommages que vous causez involontairement à d’autres personnes. Comparer les contrats avant de signer reste le meilleur moyen de connaître les exclusions.
Sans protection : Un contrat couvrant le logement comprend le plus souvent une protection en cas de dommages causés à autrui. Elle intervient lorsque vous blessez quelqu’un ou abîmez ses biens sans le vouloir. Mieux vaut confronter les offres pour connaître ce qui n’est pas couvert.
Avec protection : En général, une assurance habitation comprend une garantie responsabilité civile. Si vous causez involontairement des dommages à d’autres personnes, c’est elle qui les prend en charge. Pour connaître les exclusions, le mieux reste de comparer les contrats avant de signer.
La version sans protection se lit bien, mais elle a perdu les deux expressions que le lecteur cherche. Elle ajoute aussi un détail absent de l’original (« blessez quelqu’un ou abîmez ses biens »). La version protégée garde les deux termes à l’identique et change l’ordre des propositions. Le sens reste celui de départ.
Relire les accords autour des termes
Le marqueur a un revers. Comme le modèle ne voit pas l’expression, il ne connaît ni son genre ni son nombre. Les mots voisins peuvent donc mal s’accorder, surtout si la phrase change de structure : un « celui-ci » pour reprendre « assurance habitation », un adjectif au masculin, un article à revoir devant une voyelle. Trois réflexes :
- Relisez chaque phrase qui contient une expression protégée, en regardant l’article, le pronom et l’adjectif qui l’entourent.
- Passez le résultat dans le correcteur en retirant ces expressions de la liste le temps de cette passe : pour accorder ce qui les entoure, il doit les voir. Contrôlez ensuite, dans la vue des modifications, qu’elles n’ont pas bougé.
- Si un avertissement s’affiche, cherchez l’expression citée dans le résultat et remettez-la à la main ou relancez la reformulation.
Pour un mémoire, la protection sert surtout à garder vos termes définis et vos concepts tels que vous les avez posés. Elle ne remplace pas les citations ni les références : une idée empruntée à un auteur se cite, même reformulée, et l’usage d’un outil se déclare si votre établissement le demande.