Après des mois de rédaction, vous ne voyez plus vos propres fautes. Votre œil lit ce que vous vouliez écrire, pas ce qui se trouve sur la page. Corriger un mémoire demande donc plus qu’un passage au correcteur orthographique : il faut aussi vérifier le registre, la terminologie et les phrases devenues trop longues, sans toucher au contenu de votre recherche.
Ce guide présente les erreurs les plus fréquentes dans un mémoire avec leur correction, l’ordre dans lequel relire, et le mode « Mémoire » du correcteur humai. Les exemples sont fictifs. Les consignes de votre établissement et de votre directeur de mémoire passent avant tout ce qui suit.
Ce que couvre la correction, et ce qu’elle ne couvre pas
La correction porte sur la forme. Elle part d’un texte dont le fond est stabilisé, et c’est pourquoi elle vient en dernier.
| Relève de la correction | N’en relève pas |
|---|---|
| Orthographe, accords, conjugaison, ponctuation | La problématique, le plan, la logique de l’argumentation |
| Mots familiers, tournures relâchées | La justesse de vos résultats et de vos analyses |
| Termes qui varient pour désigner la même notion | Le choix de vos concepts et de vos sources |
| Phrases difficiles à suivre | La conformité des citations et de la bibliographie à la norme imposée |
La colonne de droite reste votre travail et celui de votre directeur. Un outil qui prétendrait la traiter réécrirait votre mémoire, ce qui n’est plus une correction.
Les erreurs fréquentes, avec leur correction
Le tableau regroupe des erreurs que l’on retrouve souvent dans les mémoires en français, classées selon les cinq catégories utilisées par notre outil.
| Catégorie | Avant | Après | Pourquoi |
|---|---|---|---|
| Orthographe | un language commun | un langage commun | Calque de l’anglais « language » |
| Ponctuation | Les résultats, montrent une baisse. | Les résultats montrent une baisse. | Pas de virgule entre le sujet et le verbe |
| Grammaire | les résultats que nous avons obtenu | les résultats que nous avons obtenus | Accord avec le COD placé avant le verbe |
| Grammaire | pallier à ce manque | pallier ce manque | « Pallier » se construit sans préposition |
| Grammaire | malgré que l’échantillon soit réduit | bien que l’échantillon soit réduit | « Malgré que » est critiqué dans un écrit soutenu |
| Style | plein d’études montrent | de nombreuses études montrent | Registre familier |
| Style | j’ai analysé l’échantillon | l’échantillon a été analysé | « Je » sans apport pour le sens (selon les usages de la discipline) |
| Terminologie | les apprenants… les élèves… les étudiants | les apprenants (partout) | Un seul terme, si les trois désignent bien le même groupe |
Le dernier cas ne se tranche pas sans vous. Si « élèves » désigne le collège et « étudiants » l’université, les fusionner fausserait votre propos. Seul l’auteur sait si deux mots recouvrent la même notion.
« Je », « nous » ou tournure impersonnelle ?
Les usages varient selon les disciplines, et certains domaines acceptent très bien le « je ». Demandez à votre directeur, puis tenez-vous à un seul choix. Si vous employez le « nous » de modestie, retenez que l’accord se fait au singulier lorsque vous êtes seul auteur : « nous sommes convaincue » pour une autrice, « nous sommes convaincu » pour un auteur. Le participe passé conjugué avec « avoir » suit ses règles habituelles, et c’est le COD placé avant le verbe qui décide de l’accord.
Un exemple : la phrase trop longue
Les phrases de plus de 40 mots environ sont souvent le plus gros chantier d’un mémoire. Couper ne veut pas dire retirer :
Avant : Les entretiens qui ont été menés auprès de douze enseignants du secondaire entre mars et mai 2025 montrent que la plupart d’entre eux estiment que le manque de temps, qui est souvent lié à la charge administrative, peut limiter l’usage en classe des outils numériques, ce qui rejoint en partie les conclusions de Dupont (2020).
Après : Les entretiens menés auprès de douze enseignants du secondaire entre mars et mai 2025 montrent que la plupart d’entre eux estiment que le manque de temps peut limiter l’usage en classe des outils numériques. Ce manque de temps est souvent lié à la charge administrative. Ce constat rejoint en partie les conclusions de Dupont (2020).
Tout y est : le nombre d’enseignants, la période, le « peut limiter » prudent, le « en partie » et la référence. Ne transformez jamais « peut limiter » en « limite » pour alléger une phrase, car cela change ce que vous affirmez. Et relisez la coupure : « souvent lié » doit toujours porter sur le manque de temps, d’où la reprise du groupe nominal.
L’ordre de relecture
Une fois le fond validé, procédez du plus large au plus fin :
- La terminologie. Listez vos concepts clés et cherchez leurs variantes dans tout le document.
- Le registre et la personne. Traquez les mots familiers et vérifiez que le « je » ou le « nous » reste constant.
- Les phrases. Coupez celles que vous ne pouvez pas lire d’un seul souffle. Notre guide Corriger son style, pas seulement l’orthographe détaille d’autres lourdeurs.
- La langue. Accords, conjugaison, ponctuation, à faire une fois le texte stabilisé, parce que chaque retouche peut créer une nouvelle faute.
- La typographie française. Espace avant « : », « ; », « ? » et « ! », guillemets français, majuscules des titres et cohérence des notes.
Travaillez par chapitre, et laissez passer une nuit entre deux passes si vous le pouvez. Faire relire votre travail par une autre personne reste précieux, si votre établissement l’autorise.
Le mode « Mémoire » du correcteur humai
Dans le correcteur, choisissez le type de correction « Mémoire ». Il corrige l’orthographe, la ponctuation et la grammaire, et il améliore le style universitaire sans changer le contenu : mots familiers, « je » trop fréquent, terminologie à harmoniser, phrases trop longues. L’offre gratuite accepte 3 000 caractères par texte, soit une partie de chapitre à la fois ; l’offre Pro accepte des textes plus longs.
- Vous récupérez le texte corrigé et une liste des modifications : avant, après, raison et catégorie (orthographe, ponctuation, grammaire, style, terminologie).
- La vue des modifications fait foi. La liste peut être incomplète ; la vue qui compare les deux versions donne le relevé complet. Parcourez-la pour vérifier chaque changement, sans vous limiter à la liste.
- Le contenu reste le vôtre. L’outil a pour consigne de ne rien ajouter, de ne pas réécrire vos paragraphes et de laisser en place citations, références, chiffres et noms propres. S’il s’éloigne trop de l’original, un avertissement vous invite à vérifier que le sens et le contenu n’ont pas changé.
- Vos termes peuvent être verrouillés. Les expressions protégées fonctionnent aussi ici, ce qui aide pour un concept que vous avez défini.
Une correction automatique peut se tromper, comme tout relecteur. Ne gardez que ce qui vous convient : c’est vous qui signez le texte. Et comme le texte passe par un modèle d’IA, retirez au préalable les données confidentielles ou non publiées que vous n’avez pas le droit de partager.
Vérifier les règles de votre établissement
Beaucoup d’établissements encadrent désormais les outils d’IA, y compris pour la correction, et les règles diffèrent d’une formation à l’autre. Avant de vous servir d’un correcteur fondé sur l’IA, lisez la charte de votre établissement et, en cas de doute, posez la question par écrit à votre directeur. Si une déclaration est demandée, précisez que l’outil a servi à la correction de la langue et du style, et indiquez sur quelles parties. Notre guide pour déclarer l’usage de l’IA donne des formulations à adapter.
Une fois le fond validé, commencez par une section dans le correcteur, en mode « Mémoire », et relisez chaque modification avant de la garder.